Depuis plusieurs éditions, exposer à BATIMAT ne se résume plus à réserver quelques mètres carrés et attendre le passage des visiteurs. Le salon a profondément transformé son modèle, au point de proposer aujourd’hui une offre transversale, mêlant surface d’exposition, outils digitaux, dispositifs de visibilité et leviers d’acquisition. Une évolution qui oblige les exposants à changer de regard : le stand n’est plus une fin en soi, mais un élément parmi d’autres d’une stratégie de présence beaucoup plus large où les options s’additionnent. À quelques mois de la nouvelle édition, comprendre cette logique devient indispensable pour éviter les erreurs d’arbitrage et maîtriser son budget.
BATIMAT ne vend plus uniquement de l’espace d’exposition. Le salon commercialise un dispositif global de participation, structuré autour d’un socle obligatoire : le Pack Business Builder. Inclus quel que soit le stand choisi, ce pack regroupe l’ensemble des outils permettant d’identifier, capter et exploiter des contacts avant, pendant et après le salon. Fiche exposant, visibilité digitale, scan de badges, collecte de leads via QR code, tableau de bord de performance : BATIMAT assume désormais une logique de plateforme de mise en relation.
Trois niveaux de visibilité viennent moduler ce socle. Le niveau standard (Exhibitor Profile) est inclus, mais reste passif. Le Priority Profile, facturé 1 530 € HT, enrichit la fiche exposant avec un lien dur vers le site de l’exposant (un vrai + pour le SEO), met en avant des produits et permet de préqualifier les visiteurs. Le Priority Plus Profile, à 2 890 € HT, vise une exposition maximale avec un positionnement en tête de catégorie et une présence en page d’accueil du site du salon.
À ces niveaux s’ajoutent des outils dont l’accès dépend de la surface du stand. La plateforme de rendez-vous d’affaires SECTOR, par exemple, n’est incluse qu’à partir de 18 m². Les exposants en 9 m² doivent la souscrire en option, pour 500 € HT, s’ils souhaitent planifier des rendez-vous en amont. Autre levier clé, le Lead Booster, facturé 2 500 € HT, permet de diffuser une offre ou une animation auprès des visiteurs inscrits afin de générer du trafic et des leads supplémentaires.
Dès ce premier niveau, une réalité s’impose : le coût d’exposition ne se limite pas au stand. Une partie significative du budget se joue dans l’activation – ou non – de ces outils business.
BATIMAT propose cinq tailles de stand : 9, 18, 36, 54 et 99 m². Mais derrière cette continuité apparente, une rupture structurelle s’impose. Jusqu’à 36 m², l’offre repose sur des stands “tout inclus” déclinés en formules d’aménagement. À partir de 54 m², on bascule vers une surface nue : on n’achète plus un stand prêt à l’emploi, mais un cadre à aménager, avec une logique beaucoup plus “projet”.
Des formules d’aménagement qui ne jouent pas sur la visibilité, mais sur l’usage
Dans les formats tout inclus (9 / 18 / 36 m²), les formules Essentiel, Easy, Business et Identity n’ont pas le même rôle. Elles ne sont pas là pour “faire venir” davantage de visiteurs : elles servent surtout à déterminer comment le stand se vit pendant quatre jours — et quel niveau d’échange commercial il permet.
Ce choix de formule a évidemment un impact sur le coût. Plus la surface augmente, plus l’écart est visible. On l’observe sur les 18 m² et 36 m² : les prix progressent à mesure que l’on monte en gamme — de 14 644 € à 19 309 € HT en 18 m², de 25 953 € à 34 848 € HT en 36 m² — mais cette montée en gamme correspond avant tout à un gain d’usage (accueil, confort, scénarisation), et non à un gain automatique en trafic.
Les angles : un petit coût supplémentaire
À ces choix s’ajoute la configuration du stand. L’ajout d’angles, possible sur toutes les surfaces, améliore la visibilité physique mais engendre un surcoût. Les montants varient selon la surface, rappelant une règle simple : tout est faisable, mais tout a un prix.
Les packs de personnalisation : trois logiques d’usage, pas un gadget esthétique
Outre ses formules d’aménagement, BATIMAT propose trois packs de personnalisation sur les stands 9, 18 et 36 m². L’enjeu n’est pas “d’ajouter une déco”, mais de choisir une finalité de stand. Et sur une petite surface, cela devient un arbitrage : on ne peut pas tout faire à la fois, parce que chaque usage consomme de l’espace.
Les montants varient selon la formule et la surface, et évoluent de manière croissante avec la taille du stand : de 448 € HT à plus de 2 200 € HT sur un 9 m², davantage encore sur des formats supérieurs.
L’exemple concret :
Prenons le cas d’une entreprise souhaitant une surface raisonnable avec un budget maîtrisé. Elle opte pour un stand 9 m² et choisit le Priority Profile pour optimiser sa visibilité en amont de l’événement. Trois options s’offrent à elle côté formule :
L’écart entre les formules n’achète pas “plus de visibilité”, mais un meilleur confort d’accueil. C’est typiquement le genre de dépense qui pèse sur la qualité des échanges et la capacité à qualifier correctement.
À ces montants peuvent encore s’ajouter des packs de personnalisation :
Au fil des options, le budget global peut ainsi se rapprocher des 15 000 € HT, même pour un “petit” stand. Sans compter le coût humain pour l’animation de l’espace, les supports de communication et autres goodies déployés pour le salon.
Un autre levier, souvent relégué au second plan lors de la signature, mérite pourtant une attention particulière : la communication additionnelle. Car au-delà de son rôle de plateforme business, BATIMAT fonctionne désormais comme une véritable régie publicitaire sectorielle, capable de vendre de l’audience, de la répétition et de la visibilité ciblée. L’organisateur distingue clairement deux niveaux. D’un côté, la visibilité “native” incluse dans le Pack Business Builder, qui conditionne la présence digitale et la captation de leads. De l’autre, un ensemble d’options de communication indépendantes, activables à la carte, dont l’objectif premier est d’attirer l’attention.
Deux logiques se dégagent. La visibilité marque, d’abord, vise la notoriété et l’image. Les premiers packs démarrent autour de 3 000 € HT pour une présence basique (logo dans un emailing visiteurs, réseaux sociaux), et peuvent atteindre 8 000 € HT pour des formats plus exposants, intégrant vidéo et bannières. La visibilité stand, ensuite, cherche à orienter physiquement les visiteurs. Des packs combinant signalétique et diffusion sur bornes digitales sont proposés : 7 000 € HT pour un niveau 1, 11 500 € HT pour un niveau 2 intégrant un dispositif de génération de leads.
À cela s’ajoute une large palette d’options à la carte, qui rappellent directement les pratiques d’une régie média : bannière en homepage du site officiel (8 800 € HT), email dédié au téléchargement du badge visiteur (8 000 € HT), dalles de signalétique au sol (2 440 € HT), sponsoring de sacs visiteurs (10 700 € HT). Chaque support correspond à un point de contact précis dans le parcours du visiteur. Ces dispositifs peuvent faire la différence dans des cas bien identifiés — stand excentré, lancement produit, arrivée d’un nouvel acteur — mais leur efficacité repose sur un choix raisonné. Multiplier les supports sans objectif clair revient à acheter de la visibilité sans garantie d’impact.
En décomposant l’offre BATIMAT, une réalité apparaît rapidement : les coûts s’additionnent vite. Stand, aménagement, personnalisation, outils business, options de communication… Pris séparément, chaque poste reste lisible ; combinés, ils transforment rapidement la participation en un investissement conséquent. Cette montée en gamme progressive peut dérouter, notamment pour les exposants aux budgets contraints. Mais cette logique tarifaire traduit aussi une évolution plus profonde. En structurant son offre comme un dispositif business et média, BATIMAT élargit le champ des possibles. Le salon ne se limite plus à l’exposition : il devient un outil modulable, capable de servir des objectifs très différents, à condition de faire des choix clairs.
Disclaimer : Les tarifs indiqués sont ceux présentés dans l’offre de janvier 2026.