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Au-delà de la 2D : comment la CAO évolue pour devenir le socle de l’ingénierie intelligente

Au-delà de la 2D : comment la CAO évolue pour devenir le socle de l’ingénierie intelligente

Par William WANG, Overseas Sales Director de Gstarsoft

 

Au-delà de la 2D : comment la CAO évolue pour devenir le socle de l’ingénierie intelligente

 

Le BIM remplacera-t-il la CAO dans la construction et la conception des bâtiments ?Les plateformes cloud remplaceront-elles les applications de bureau ?L’intelligence artificielle remplacera-t-elle le travail de conception manuel ?

 

 

Depuis plus d’une décennie, l’avenir des logiciels d’ingénierie est souvent présenté comme une succession de remplacements. Pourtant, la réalité au sein des bureaux d’études est bien différente. La CAO demeure l’une des technologies d’ingénierie les plus largement utilisées en Europe — des constructeurs de machines et concepteurs de produits en Allemagne aux entreprises d’électricité et aux prestataires industriels en France, en passant par les projets d’infrastructure et de fabrication en Europe centrale. USP Research(1) confirme cette permanence : dans des marchés matures comme l’Allemagne, environ 95 % des architectes continuent d’utiliser des logiciels de CAO, alors même que l’adoption du BIM progresse.

La raison est simple. La CAO se situe au début de la chaîne de valeur de l’ingénierie — là où les idées deviennent des spécifications techniques, et où les décisions de conception continuent d’influencer la fabrication, la construction et la maintenance. La question aujourd’hui n’est pas de savoir si la CAO survivra. Elle est de comprendre comment la CAO évolue pour devenir quelque chose de bien plus puissant : le socle de workflows d’ingénierie intelligents reliant conception, collaboration, BIM, services cloud et intelligence artificielle.

Pourquoi la CAO reste essentielle

L’idée selon laquelle le BIM remplacerait la CAO reflète mal la manière dont les organisations d’ingénierie fonctionnent réellement. Le travail d’ingénierie repose encore largement sur les dessins, la documentation technique et des livrables normalisés — en particulier dans les secteurs industriels allemands, où les entreprises de construction mécanique produisent de grands volumes de dessins techniques détaillés et où les opérateurs d’infrastructures gèrent d’importants fonds d’archives DWG constitués au fil des décennies.

Ces ressources concentrent des années d’expertise intégrée : standards de dessin, bibliothèques de conception, scripts d’autatisation et savoir-faire d’ingénierie accumulé. L’enjeu n’est donc pas de les remplacer, mais d’en prolonger la valeur. La transformation numérique dans l’ingénierie relève ainsi de plus en plus de la continuité plutôt que de la rupture : il s’agit de relier les environnements CAD existants aux processus BIM, aux plateformes cloud et aux capacités d’IA, plutôt que de les abandonner.

De l’outil de dessin à la plateforme d’ingénierie

Historiquement, les logiciels de CAO étaient évalués avant tout sur leurs capacités de dessin — richesse des commandes, performances graphiques et compatibilité des fichiers. Aujourd’hui, les critères sont beaucoup plus larges. Les organisations d’ingénierie attendent des systèmes CAD qu’ils soutiennent la collaboration entre disciplines, s’intègrent aux systèmes de fabrication, de simulation, de PLM, de gestion de projet et de gestion des données d’ingénierie, permettent le partage d’informations dans le cloud et apportent une assistance intelligente tout au long du cycle de vie des projets.

Autrement dit, la CAO évolue d’une application autonome vers une véritable plateforme numérique d’ingénierie. Un dessin produit pendant la phase de conception peut ensuite influencer les achats, la fabrication, la mise en service et la gestion des installations. La valeur de la CAO ne réside donc pas uniquement dans la création de géométries, mais aussi dans la gestion de l’information d’ingénierie sur l’ensemble de son cycle de vie.

Cette évolution des attentes façonne la prochaine génération d’architectures produit CAD — des architectures capables de relier la précision du dessin au BIM, à la collaboration cloud et aux capacités d’IA dans un environnement unifié.

L’approche de Gstarsoft en matière de développement produit reflète directement cette évolution. Plutôt que de maintenir la CAO comme un environnement de dessin isolé, l’entreprise a conçu GstarCAD comme le cœur d’une plateforme, pensée dès l’origine pour se connecter aux workflows BIM, aux services de collaboration cloud et aux capacités d’IA. La logique est pragmatique : les organisations ne devraient pas avoir à choisir entre la préservation de leurs actifs d’ingénierie existants et l’adoption de nouvelles technologies.

Relier la CAO et le BIM plutôt que les opposer

S’il est un sujet qui suscite aujourd’hui particulièrement de débats dans le secteur européen de la construction, c’est bien le BIM. Les pouvoirs publics en encouragent l’adoption, les marchés publics exigent de plus en plus des livrables numériques, et les initiatives OpenBIM continuent de gagner en importance.

Pour autant, l’adoption reste inégale. De nombreuses organisations — en particulier les PME, qui représentent une part significative du paysage européen de l’ingénierie — évoluent encore dans des environnements hybrides où la CAO et le BIM coexistent. Les coûts de formation, les perturbations des workflows et la complexité des logiciels constituent encore de véritables freins. En réponse, le marché s’oriente de plus en plus vers l’intégration plutôt que vers le remplacement : relier la CAO et le BIM à travers des workflows partagés, afin de permettre aux ingénieurs de conserver leurs processus fondés sur le DWG tout en introduisant progressivement la collaboration basée sur les modèles et la gestion de l’information sur l’ensemble du cycle de vie.

Dans cette perspective, la CAO devient un point d’entrée vers la construction numérique plutôt qu’un obstacle — un pont qui rend l’adoption du BIM plus accessible, au lieu d’un système destiné à être écarté.

Des régions différentes, des défis différents

Les réalités régionales influencent fortement la manière dont les organisations abordent la CAO. Selon le rapport Digitalization in Europe 2024 de la Banque européenne d’investissement², la transformation numérique constitue une priorité stratégique pour l’industrie européenne, même si les contraintes d’investissement restent importantes pour les PME. Les entreprises d’ingénierie doivent à la fois gérer des décennies de données DWG historiques, répondre aux exigences liées au BIM et composer avec les réglementations en matière de durabilité.

En Pologne, une entreprise d’ingénierie structurelle spécialisée dans les grands projets de construction métallique a identifié l’agilité opérationnelle comme un besoin critique. Elle recherchait un logiciel léger, capable de traiter de grands dessins techniques tout en maintenant une compatibilité DWG fluide entre architectes, ingénieurs et sous-traitants. La performance, l’interopérabilité et la prévisibilité des coûts à long terme se sont révélées tout aussi importantes que les fonctionnalités elles-mêmes.

En France, une entreprise d’ingénierie électrique faisait face à une problématique différente. Son principal enjeu n’était pas la capacité de conception, mais la hausse des coûts logiciels et des modèles de licence de plus en plus restrictifs. Dans l’évaluation de solutions CAD alternatives, l’organisation a finalement privilégié la flexibilité de déploiement, la performance et la visibilité à long terme sur les coûts.

En Asie, une dynamique quelque peu différente se dessine. De nombreuses entreprises d’ingénierie cherchent de plus en plus à faire du CAD une véritable plateforme de productivité. L’automatisation via le développement LISP, la personnalisation des workflows, les scripts assistés par l’IA et les applications d’ingénierie sur le terrain deviennent des priorités majeures. Les organisations recherchent des moyens d’automatiser les processus répétitifs, de capitaliser le savoir-faire d’ingénierie et de relier les activités de conception aux workflows opérationnels.

Malgré des points de départ différents, les deux régions convergent vers le même objectif : des workflows intégrés et intelligents, capables de réduire les frictions sur l’ensemble du cycle de vie de l’ingénierie.

L’intelligence artificielle entre dans le quotidien de l’ingénierie

L’intelligence artificielle est rapidement devenue l’un des sujets les plus débattus dans le domaine des logiciels industriels. L’enjeu consiste à distinguer la véritable valeur ajoutée pour l’ingénierie de l’effet de mode marketing. Contrairement aux applications grand public, les environnements d’ingénierie exigent fiabilité, traçabilité et précision. Une erreur dans un dessin n’est pas simplement gênante : elle peut avoir des conséquences sur la sécurité, la conformité, la qualité de fabrication et les coûts de projet.

C’est pourquoi les applications d’IA les plus prometteuses en ingénierie ne visent pas à remplacer les concepteurs, mais à renforcer leurs capacités. Plusieurs usages concrets sont déjà en place : reconnaissance et vectorisation automatiques des dessins, extraction intelligente d’informations d’ingénierie, vérification des règles de conception, documentation automatisée et assistance aux workflows. Le rendu assisté par l’IA modifie également la manière dont les décisions de conception sont communiquées, en permettant aux ingénieurs et aux parties prenantes d’évaluer les concepts plus tôt et plus efficacement.

L’étape suivante pourrait être encore plus significative. En combinant de grands modèles de langage, des connaissances d’ingénierie propres au domaine et des algorithmes natifs CAD, les futurs systèmes pourraient devenir capables de comprendre à la fois l’intention d’ingénierie et les données d’ingénierie, évoluant ainsi de simples outils passifs vers des assistants intelligents intégrés aux workflows quotidiens.

Il ne s’agit pas de perspectives lointaines. L’interaction en langage naturel, la conversion de dessins existants et la visualisation assistée par l’IA font déjà leur entrée dans les environnements CAD de production. C’est le signe que le rôle de l’IA en ingénierie passe progressivement du stade de l’expérimentation à celui d’infrastructure.

Collaboration cloud et fin des silos d’information

La technologie cloud transforme la collaboration en ingénierie de manière comparable à ce que le BIM a apporté à la coordination de projet. Historiquement, les équipes d’ingénierie échangeaient des fichiers. Aujourd’hui, elles échangent de plus en plus des informations. Les workflows fondés sur les fichiers génèrent des doublons, des conflits de versions et des retards de communication. Les plateformes cloud natives répondent à ces enjeux en créant des environnements partagés dans lesquels les dessins, commentaires, révisions et données projet restent accessibles en continu.

La valeur ajoutée va bien au-delà de l’accès à distance. Les plateformes cloud assurent une continuité entre les phases de conception, de révision, de validation et d’exploitation. Elles constituent également la base des jumeaux numériques, de la gestion des informations sur l’ensemble du cycle de vie et des futures applications d’intelligence artificielle. Dans cette perspective, la technologie cloud n’est pas simplement un modèle de déploiement informatique : elle devient un composant fondamental des workflows modernes d’ingénierie.

Les écosystèmes ouverts définiront la prochaine décennie

Les logiciels d’ingénierie ne peuvent plus fonctionner de manière isolée. Les projets modernes — qu’ils relèvent de la construction, de l’industrie manufacturière ou des infrastructures — s’inscrivent dans des environnements technologiques complexes intégrant la CAO, le BIM, le PLM, l’ERP, des plateformes de simulation et des systèmes de gestion d’actifs. Aucune application ne peut, à elle seule, répondre à l’ensemble des besoins.

De récentes orientations publiées par buildingSMART International(3) soulignent que l’interopérabilité, la continuité des données et les standards ouverts constituent des fondations essentielles de la construction numérique. Elles rappellent également qu’OpenBIM permet la collaboration entre différents environnements logiciels tout en préservant l’exploitabilité des données d’ingénierie sur le long terme.

Les organisations attendent de plus en plus que l’information circule librement au-delà des frontières logicielles. La valeur d’une plateforme ne se mesure donc plus uniquement à ce qu’elle est capable de faire en interne, mais aussi à la manière dont elle se connecte à l’écosystème d’ingénierie dans son ensemble. Les gagnants de la prochaine décennie ne seront donc vraisemblablement pas des environnements logiciels fermés, mais des plateformes capables de favoriser la collaboration entre technologies et disciplines variées, sur la base d’OpenBIM, des standards IFC, d’API ouvertes et d’écosystèmes de développeurs.

La prochaine génération de plateformes de conception

Les logiciels industriels entrent dans une nouvelle phase. Les frontières traditionnelles entre la CAO, le BIM, la collaboration cloud et l’IA convergent progressivement vers des environnements d’ingénierie connectés, capables de prendre en charge l’ensemble du cycle de vie des informations d’ingénierie — de la conception initiale à la fabrication, à la construction et à l’exploitation à long terme.

Dans cet environnement, la CAO demeure une base essentielle. Non pas parce qu’elle résiste au changement, mais parce qu’elle continue d’évoluer. L’avenir de l’ingénierie appartient à des écosystèmes intégrés, intelligents et interopérables — construits sur la précision et le savoir-faire technique que la CAO apporte depuis des décennies.

C’est dans cette direction que Gstarsoft fait évoluer sa dernière génération de produits. GstarCAD 2027 demeure la plateforme centrale de dessin pour la conception mécanique, électrique, architecturale et d’infrastructure, tandis que GstarBIM 2027 prolonge cette base vers des workflows fondés sur les modèles pour les organisations qui en ont besoin. GstarCAD Cloud et GstarCAD 365 permettent la conception via navigateur, la révision en ligne et la collaboration interfonctionnelle dans différents secteurs. AI Assistant introduit l’interaction en langage naturel dans les workflows CAD, AI ScanToCAD convertit les dessins existants en contenus DWG modifiables, et GstarRender étend l’IA à la visualisation. Ensemble, ces solutions reflètent une stratégie cohérente : aider les organisations d’ingénierie, dans l’industrie manufacturière, les infrastructures comme la construction, à évoluer à leur rythme vers des workflows connectés et assistés par l’IA — sans renoncer aux investissements et à l’expertise qu’elles ont déjà construits.

 

 

Contacts presse

Agence Wanty

Olivier SCHITTENHELM

Email : olivier.schittenhelm@wanty.net

Tél. : +33 06 82 66 59 09

 

Gstarsoft Co., Ltd.

Zhang Yiyue (Viki ZHANG)

Email : zhangyiyue@gstarcad.net

Tél. : +86 10 57910609

 

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Sources citées:1. USP Research, « Utilisation des logiciels BIM et CAD par les architectes européens »2. Banque européenne d’investissement, « La numérisation en Europe 2024 »3. buildingSMART International, « Perspectives industrielles sur l’OpenBIM dans le bâtiment »

 

 

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