Interview réalisée
le 19 novembre 2002
Afin de mieux faire connaître
cet outil hors normes qu'est Batiproduits, nous sommes
allés interviewer Jacques LOUPIAS, Directeur
Délégué. Il nous a reçus
pendant plus de 2 heures en nous expliquant en détail
le fonctionnement, les conditions d'accès pour
les fournisseurs, la concurrence, les projets d'avenir.
Voici un condensé (!?)de cet
entretien. Pour les lecteurs pressés, vous trouverez
un accès direct vers les différents thèmes
évoqués.
Origine de Batiproduits
Détail de l'offre aux visiteurs
Référencement
des fournisseurs
Chiffres de fréquentation
Concurrence et projets
Quelques liens utiles
CIMBAT : Jacques LOUPIAS, bonjour.
Pouvez-vous dans un 1er temps nous expliquer l'origine
de Batiproduits ?
J. LOUPIAS : Le projet est
né il y a 4 ans, à un moment où
Vivendi, notre actionnaire principal d’alors,
souhaitait s’engager dans les nouveaux médias.
C’était l’époque du «tout
Internet»… Il nous a fallu un an de préparation-réflexion
et deux ans de développement. A noter que, pendant
ces deux ans, tous les chantiers ont été
menés de front : développement informatique,
référencement rédactionnel et,
la dernière année, prévente. Le
site est aujourd’hui ouvert depuis 1 an.
CIMBAT : Vous faites référence
à la grande vague du tout Internet d’il
y a quatre ans. Depuis la «Bulle Internet»
a sérieusement explosé. Qu’est-ce
qui vous permet d’être confiant quant à
la pérennité de Batiproduits ?
J. LOUPIAS : Comme je viens de le dire, notre
appartenance au Groupe Moniteur. Ce qui n’empêche
pas que Batiproduits a été mûrement
réfléchi. Je passe sur les études
d’audience, les études de marché,
les simulations financières… et parfois
les discussions animées qui ont émaillé
la gestation du projet. Jusqu’à 50 personnes
ont travaillé sur ce projet (NDLR : 20 aujourd’hui).
Elles n’ont compté ni leur temps, ni leur
peine. Nous étions peut-être partis plus
tard que certains, mais cela nous a permis de ne pas
reproduire des erreurs qui se sont montrées fatales
à d’autres.
CIMBAT : Par exemple ?
"Trop
de projets de portails ont vu le jour avec une
enveloppe technique de haut niveau mais un contenu
vide." |
J. LOUPIAS : De nombreux projets étaient
basés sur des technologies très sophistiquées
et très coûteuses, leurs responsables étant
persuadés que les clients se bousculeraient ensuite
pour être référencés sur
leurs sites. C’était la grande époque
des market-places, de l’e-commerce, etc. Cette
erreur d’appréciation du marché
leur a été souvent funeste : l’internaute
a horreur du vide ! Il fallait donc, dès l’ouverture
de Batiproduits, et même si nous n’avions
aucun «client», offrir un contenu suffisamment
riche pour satisfaire les attentes de nos visiteurs.
Si nous avions des visiteurs, nous intéresserions
forcément, un jour ou l’autre, le marché.
Batiproduits a donc ouvert avec plusieurs centaines
de fabricants et plusieurs milliers de produits en ligne.
CIMBAT : Venons-en aux détails
de votre offre. Que proposez-vous aux visiteurs du site
?
J. LOUPIAS : Nous sommes partis d’un
certain nombre de postulats qui ont conditionné
toute l’offre de Batiproduits. Les professionnels
(maîtres d’ouvrages, architectes, bureaux
d’études, entreprises, etc.) n’ont
jamais payé pour avoir de l’information
produit. Par ailleurs ils recherchent des produits avant
de chercher une marque. Enfin, ils sont pressés,
et ce d’autant plus qu’ils sont sur le web.
Notre ambition est donc de référencer
de façon rigoureuse le maximum de produits, de
les mettre à la disposition des professionnels,
et de proposer aux fabricants de mettre en ligne leurs
documentations techniques derrière ces produits.
Évidemment, Batiproduits est entièrement
en accès libre pour les visiteurs, les fabricants
payant pour la mise en ligne d’informations supplémentaires
derrière des icones.
Les professionnels se trouvent donc devant une immense
armoire à documentation (1 100 fabricants référencés
à ce jour) dans laquelle ils peuvent effectuer
plusieurs types de recherches, qu’il s’agisse
de trouver un produit (par types de bâtiment,
corps d’état, nom d’un produit, produits
similaires) ou un fabricant (par nom ou secteur d’activité).
Il a la possibilité d’affiner sa recherche
en fonction de critères précis, y compris
des critères de prix. Mais nous avons été
soucieux de ne pas reproduire l’exemple des moteurs
de recherches classiques qui trop souvent affichent
le message rédhibitoire : « il y a 0 réponse
». Lors des tris, le visiteur peut cocher autant
de critères qu’il veut. Mais, alors que
les moteurs fonctionnent par « filtres »
successifs (d’où le 0 réponse),
Batiproduits réorganise la liste des produits
en base : si aucun produit ne répond aux N critères
initiaux, nous affichons les produits répondant
à N-1, puis N-2… critères. Ce qui
fait que la requête aboutit toujours sur des réponses.
Voir
exemple
Parmi les autres services, il faut également
signaler la possibilité de créer des armoires
à documentations, d’y archiver des produits
sélectionnés, ou d’envoyer automatiquement
une demande de documentation au fabricant, etc.
Enfin, toute l’architecture de Batiproduits est
conçue pour que le visiteur arrive à l’information
voulue en un minimum de clics. Contrairement à
beaucoup de sites, nous ne cherchons pas à multiplier
les «pages vues», mais au contraire à
les diminuer au profit d’une efficacité
maximale.
CIMBAT : Vu la multiplicité des critères
afférant aux différents produits de la
construction, ça n’a pas dû être
une partie de plaisir pour vous, concepteurs ?
J. LOUPIAS : Certes non ! D’autant qu’ils
devaient être compréhensibles par tous,
spécialistes ou non. C’est pourquoi nous
avons privilégié, pour certains critères,
non pas les valeurs réelles mais des niveaux
de performance par intervalles.
CIMBAT : Un exemple ?
J. LOUPIAS : Prenons un critère sensible
: le prix. Au lieu de proposer des valeurs précises
au visiteur, nous lui proposons trois critères
de prix : économique (€), moyen de gamme
(€€) ou haut de gamme (€€€).
Ces critères sont attribués lors du référencement
du produit. En revanche, le prix catalogue figure dans
les caractéristiques de chaque produit.
CIMBAT : Quelle profondeur d’informations
et quels services le visiteur va-t-il trouver pour chaque
produit ?
J. LOUPIAS : Dans tous les cas, il trouve une
description succincte du produit et les coordonnées
du fabricant. Le visiteur peut le mettre dans son armoire
à documentation, l’imprimer, ou contacter
directement le fournisseur.
Lorsque le fabricant l’a décidé
(service payant), il trouve en outre des informations
mises en ligne par celui-ci au travers d’icones
:
· Documentation technique,
· Schémas techniques (souvent téléchargeables)
· Nuanciers
· Logiciels téléchargeables,
· Mise en œuvre
· Formations assurées par le fabricant
· Exemples de réalisations
· Coordonnées complètes du fabricant,
avec parfois ses correspondants régionaux.

CIMBAT : Parlons
maintenant des fabricants référencés.
Qui peut présenter ses produits sur Batiproduits.com
?
J. LOUPIAS : Sont référençables
tous les fabricants commercialisant leurs produits sur
le marché français, soit en direct, soit
par l’intermédiaire de représentations
commerciales.
CIMBAT : Et, bien sûr, c’est forcément
payant ?
J. LOUPIAS : Non pour ce qui concerne le réferencement
éditorial. Oui pour les pages mises en ligne
derrière les icones. Dans l’absolu, tous
les fabricants peuvent rentrer sur Batiproduits. Mais
compte tenu de notre succès, nous privilégions
les clients. Nous sélectionnons ensuite ceux
qui présentent des produits particulièrement
intéressants ou qui rentrent dans des catégories
sur lesquelles nous sommes encore un peu faibles.
Plus un produit dispose d’icones actifs (et donc
d’informations mises en ligne par le fabricant),
meilleure est sa visibilité. Il est en effet
affiché en tête des résultats lors
de la requête du visiteur. Il faut bien comprendre
que les requêtes génèrent de plus
en plus de résultats. L’internaute étant
toujours pressé, ce sont donc les premières
pages, et donc les produits les plus complets qu’il
privilégie (NDLR : Batiproduits applique en fait
le «ranking view», paiement au positionnement.
Compte tenu du nombre croissant de sites indexés
dans ces moteurs, cette pratique tend à se généraliser
de plus en plus sur les annuaires et moteurs généralistes
par l’intermédiaire des sociétés
comme E-Spotting et Overture).
"Plus
un produit dispose d’informations complémentaires,
meilleure sera sa visibilité !" |
CIMBAT : D’autres services pour les «clients»
?
J. LOUPIAS : Oui, l’accès à
un extranet. Tout fabricant référencé
dispose d’un accès à des statistiques
générales en matière d’audience.
Dès qu’il est client, il bénéficie
de statistiques personnalisées et extrêmement
détaillées sur ses produits (consultation
produit par produit, jour par jour, etc.) ainsi que
les coordonnées des visiteurs l’ayant contacté.
L’outil mis à la disposition de nos clients
est incroyablement précis quant à l’audience
de ses produits… et, sauf quelques exceptions,
confirme de façon évidente que plus un
produit dispose d’informations (donc d’icones),
plus il est consulté.
CIMBAT : Le coût ?
J. LOUPIAS : Le panier moyen est d’environ
7 000 €/an. Mais certains clients n’ont pas
hésité à investir jusqu’à
80 000 € pour avoir une visibilité à
la hauteur de leurs souhaits.
CIMBAT : Quel contrôle avez-vous sur l’information
mise en ligne ?
J. LOUPIAS : Les rédacteurs de Batiproduits
sont des professionnels du bâtiment : architectes
et ingénieurs. (NDLR : avant Batiproduits, Jacques
LOUPIAS a exercé la profession d’architecte
pendant 15 ans puis de Rédacteur en chef des
Cahiers Techniques du Bâtiment) . Ce qui veut
dire que nous avons l’expertise technique nécessaire
pour garantir l’égalité de traitement
de tous les fabricants.
En ce qui concerne les informations mises en ligne derrière
les icones par le fabricant, ce dernier est entièrement
libre de choisir ce qu’il veut… au même
titre que dans sa documentation papier.
CIMBAT : En pratique, on sait qu’un des
obstacles majeurs à la création d’une
bibliothèque de matériaux est l’information
demandée au fournisseur. Quel travail préparatoire
lui imposez-vous ?
J. LOUPIAS : Nous ne demandons au fabricant
que la documentation traditionnellement remise aux prescripteurs.
Après avoir établi la liste des produits,
le service éditorial rédige… et
adresse ensuite un dossier au fabricant pour qu’il
lui fasse part de ses observations. Cela a le double
mérite d’éviter un travail pénible
aux fabricants et de maîtriser l’information
mise en ligne.
Pour les pages mises en ligne derrière les icones,
plusieurs possibilités : soit le fabricant nous
adresse ses pages, soit nous les lui fabriquons. Dans
ce dernier cas, il y a évidemment un «Bon
à publier». De plus, il a le droit de modifier
gratuitement 10% des pages mises en ligne dans l’année
qui suit.
CIMBAT : Aujourd’hui, quel délai
faut-il à un client pour rentrer dans votre base
documentaire ?
J. LOUPIAS : A partir du moment ou son dossier
est complet, il faut compter 9 semaines.
CIMBAT : A peu de choses près, vous fêtez
votre 1er anniversaire. Quel taux de défection
avez-vous ?
J. LOUPIAS : Nous n’avons pas encore
tous les éléments pour juger, d’autant
que nos clients ont majoritairement opté pour
des abonnements de trois ans. Mais à ce jour
nous avoisinons 90% de confirmations.
CIMBAT : C’est plutôt bon, non ?
J. LOUPIAS : Effectivement, nous sommes très
satisfaits. Dans nos prévisions, nous avions
tablé sur un renouvellement de 70 à 75
%. Nous sommes donc au-dessus. Ce taux est d’autant
plus satisfaisant que les défections sont souvent
dues à des raisons extérieures, comme
des cessations d’activité.
CIMBAT :
Quelques chiffres à nous donner ?
"Batiproduits
est aujourd’hui, le 1er portail bâtiment
en France en nombre de visites" |
J. LOUPIAS : Tout frais, ceux du mois d’octobre
:
· 106 144 visites,
· 2 300 000 produits consultés, soit 879
691 pages vues…. même si ce chiffre n’a
que peu d’intérêt, compte tenu du
fait que nous cherchons à limiter au maximum
le nombre de clics pour trouver une réponse,
· 28 700 consultations du contenu mis en ligne
par les fabricants (icones),
· 4 200 demandes de documentations.
Depuis janvier, nous avons comptabilisé plus
de 9 000 inscrits et la création de 10 000 armoires
à documentations. Si l’on compare notre
audience à celle de sites comme Batiweb, nous
sommes le 1er site produits du bâtiment.
CIMBAT : Sauf que Batiweb fait certifier sa
fréquentation par le Bureau de Contrôle
des Supports Internet et Multimédia de l’OJD.
J. LOUPIAS : C’est exact. Il faut savoir
que, sur Internet, l’OJD ne certifie que les visites.
En octobre, Batiweb a été crédité
de 49 648 visites par l’OJD. Pour ses statistiques,
Batiproduits utilise « eStat », un logiciel
agréé par l’OJD. Le chiffre qu’eStat
nous fourni, qui sera bientôt certifié
par l’OJD, peut donc être comparé.
CIMBAT : Pour continuer sur Batiweb… Estimez-vous
avoir de la concurrence ?
J. LOUPIAS : Il est sain d’en avoir ou,
tout au moins, de toujours considérer qu’on
en a ! Mais, à ce jour, Batiproduits est unique
en France. Certains sites comme Batiweb ou Interbat
jouissent d’une bonne fréquentation et
d’un contenu riche… Mais, en matière
de produits, ce sont plutôt des annuaires fabricants
que de véritables bases de données produits.
Ils sont donc souvent moins pertinents que nous dans
leurs réponses.
CIMBAT : On peut reprocher à Batiproduits
une certaine lenteur. En avez-vous conscience ?
J. LOUPIAS : Sur internet, c’est toujours
trop lent ! L’utilisateur veut tout et tout de
suite. Votre remarque est, et sera, de moins en moins
vraie. Il ne faut pas oublier que le site a juste un
an et a dû se roder, que notre audience est en
très forte croissance (+140% sur les trois derniers
mois), et que nos choix technologiques (NDLR : JSP sur
bases Oracle) sont assez contraignants : Batiproduits
sert à la fois à produire et diffuser
l’information. Afin de garantir l’intégrité
des informations mises en ligne, nous n’avons
pas souhaité « dénormaliser »
notre base. Ce qui pour les opérations complexes
(tris, recherches de produits similaires) peut ralentir
l’affichage. Mais nous avons déjà
beaucoup progressé, et nous allons continuer
à le faire.
CIMBAT : Enfin, à combien estimez-vous
les investissements sur Batiproduits ?
J. LOUPIAS : Environ 10 Millions d’Euros,
soit plus de 65 Millions de Francs.
CIMBAT : Et le retour sur
investissement pour un projet aussi important ?
J. LOUPIAS : Nous avons la chance d’appartenir
au plus grand groupe de presse construction en France
: un programme de ce type ne peut se concevoir que dans
la durée, et le Groupe Moniteur l’a bien
compris. Cela ne veut pas dire que Batiproduits ne se
soucie pas de rentabilité, mais les interactions
entre toutes les composantes de l’offre Moniteur
sont suffisamment stratégiques pour que Batiproduits
ne soit pas considéré comme un simple
centre de profits.
CIMBAT : Pour terminer cette interview, quels
sont les projets de Batiproduits ? Avez-vous des vues
sur l’Europe par exemple ?
J. LOUPIAS : Notre objectif immédiat
est d’améliorer l’interactivité
entre Batiproduits et les revues du Groupe Moniteur…
En 2003, nous allons créer un véritable
Service Information Produits qui prendra en charge la
rédaction des nouveaux produits publiés
dans les revues construction du Groupe Moniteur. Ce
travail a déjà commencé pour le
Moniteur hebdo depuis quelques semaines. C’est
le modèle Batiproduits qui sera la référence,
et tous les produits publiés seront mis en ligne
sur Batiproduits. Parallèlement, les demandes
de documentation faites aux fabricants seront compilées
sur un outil unique, qu’elles émanent de
Batiproduits ou des revues. Le Groupe Moniteur sera
alors à même de proposer un véritable
service global aux utilisateurs et aux fabricants. Sachant
que notre Groupe représente plus de 70% de l’audience
auprès des professionnels du bâtiment,
nous pensons pouvoir apporter une visibilité
sans égale aux fabricants, qu’il s’agisse
d’Internet ou du papier.
Évidemment, nous allons encore améliorer
l’information disponible pour les visiteurs...
Mais vous pourrez le constater dans quelques mois.
CIMBAT : Et nous en reparlerons. Monsieur LOUPIAS,
merci.
|